Plusieurs voitures électriques vendues en Belgique gardent de vrais boutons : Dacia Spring, Renault 5, Hyundai Kona, Kia EV3. À l'inverse, la Tesla Model 3 et la Volvo EX30 misent sur le tout-tactile. Depuis janvier 2026, Euro NCAP pénalise ce second choix. Voici comment trier selon votre tolérance à l'écran.

Quelles voitures électriques ont encore de vrais boutons en Belgique ?

Quatre modèles se détachent : la Dacia Spring, la Renault 5 E-Tech, la Hyundai Kona Electric et la Kia EV3 conservent des commandes physiques pour la climatisation et des commodos classiques. La Tesla Model 3 et la Volvo EX30 font l'inverse : presque tout passe par l'écran central, jusqu'au sélecteur de vitesse chez Tesla.

Une commande physique désigne ici un bouton, une molette ou un commodo qu'on actionne au toucher, sans regarder. C'est ce qui distingue une voiture « anti-tactile » d'une voiture où chaque réglage oblige à viser une icône sur une dalle lisse. Le critère le plus parlant au quotidien, c'est la climatisation : c'est le réglage qu'on change le plus souvent en roulant.

ModèleClimClignotantsVolumeÉcran conducteurAnti-tactile
Dacia SpringBoutons + molettesCommodoBoutonsOuiOui, le plus simple
Renault 5 E-TechBoutons sous l'écranCommodoSatellite moletteOui (10")Oui
Hyundai Kona ElectricRangée physiqueCommodoMoletteOui (12,3")Oui
Kia EV3Barre commutableCommodoMoletteOui (12,3")Oui, avec réserve
Tesla Model 3Écran centralBoutons au volantMolette volantNonNon
Volvo EX30Écran centralCommodoÉcranNonNon

La Hyundai Kona et la Dacia Spring sont les plus à l'aise pour un conducteur qui déteste fouiller dans un menu. La Renault 5 et la Kia EV3 gardent l'essentiel sous la main mais glissent quelques fonctions dans l'écran. La Model 3 et l'EX30 sont à éviter si le tout-tactile vous agace.

Un exemple concret. Sur la Kona, j'ai monté le chauffage à 21 °C en remontant l'E411 un matin de février, sans quitter la route des yeux : un bouton, une molette, terminé. Sur la Model 3 de ma sœur, j'ai dû viser l'icône clim puis un menu, à 120 km/h. La différence se sent en deux trajets.

Pourquoi Euro NCAP impose-t-il le retour des boutons en 2026 ?

Depuis janvier 2026, Euro NCAP retire des points aux voitures dont les commandes essentielles sont noyées dans un écran tactile. Pour viser cinq étoiles, cinq fonctions doivent rester accessibles par un vrai bouton, une molette ou un levier. C'est une incitation, pas une interdiction : le tout-tactile reste autorisé à la vente.

Euro NCAP est l'organisme européen indépendant qui teste la sécurité des voitures neuves et attribue les notes de zéro à cinq étoiles. Il n'écrit pas la loi, mais ses étoiles pèsent lourd dans les flottes et les comparatifs. Son nouveau protocole « conduite sûre » évalue désormais l'ergonomie des commandes, et pas seulement les airbags ou le freinage d'urgence.

Le barème se durcit dans le temps. Pour décrocher cinq étoiles, une voiture doit valider 60 % des critères de conduite sûre en 2026, puis 70 % en 2027 et 80 % en 2028, selon le protocole publié par Euro NCAP. Autrement dit, une voiture très tactile peut encore briller cette année, mais l'étau se resserre chaque année.

Quelles commandes doivent rester physiques ?

Cinq fonctions sont visées : les clignotants, le klaxon, les feux de détresse, les essuie-glaces et l'appel d'urgence (eCall). Euro NCAP demande pour chacune un bouton, une molette ou un levier offrant un retour au toucher, utilisable même avec des gants. Ce sont les gestes d'urgence qu'on ne doit jamais aller chercher dans un sous-menu.

Une voiture tout-tactile peut-elle encore décrocher cinq étoiles ?

Oui en 2026, plus difficilement ensuite. Le seuil de 60 % laisse de la marge à une voiture par ailleurs très sûre, même si elle pousse beaucoup de réglages à l'écran. À 80 % en 2028, une planche de bord sans aucune commande physique deviendra un vrai handicap pour la note. Une Tesla peut donc rester cinq étoiles aujourd'hui et perdre du terrain demain.

Le tout-tactile est-il plus dangereux au volant ?

Oui, les données le suggèrent. Détourner le regard deux secondes à 120 km/h, c'est parcourir près de 67 mètres à l'aveugle. En Belgique, la distraction est liée à une cinquantaine de décès et environ 4 500 blessés par an, selon l'institut Vias, le centre belge de la sécurité routière.

L'écran tactile aggrave le problème pour une raison simple : il ne donne aucun retour au doigt. Sur un bouton, le relief et le clic confirment l'action sans regarder. Sur une dalle plate, le cerveau ne reçoit rien, donc on vérifie à l'œil, donc on quitte la route. Vias note d'ailleurs que 49 % des conducteurs belges règlent leur GPS en roulant : un écran central qui concentre tout pousse exactement ce réflexe.

Sur le terrain belge, ça se joue dans les détails. Un rond-point bruxellois mal éclairé, une insertion sur le ring un soir de pluie : ce sont des moments où l'on ne peut pas se permettre de chercher un menu. Et soyons honnêtes, aucun de ces modèles n'est parfait. La Renault 5 garde des boutons de clim, mais le dégivrage et la recirculation se cachent dans l'écran. La Kia EV3 a une jolie barre de commande sous l'écran, qui reste tactile. Le « tout boutons » absolu n'existe quasiment plus.

Les marques qui reviennent aux boutons physiques

Volkswagen, Hyundai et Mercedes ont annoncé un retour des commandes physiques. La génération ID restylée de Volkswagen remet de vrais boutons après des années de curseurs tactiles non rétroéclairés, longtemps critiqués pour leur usage à l'aveugle. C'est un demi-aveu : le minimalisme extrême nuisait à l'ergonomie.

Le mouvement est général. Volkswagen a présenté un nouveau volant à touches physiques en remplacement des surfaces sensitives. Hyundai assume publiquement ses rangées de boutons pour la clim et le volume, et son nouveau système embarqué garde des raccourcis matériels. Mercedes réintègre des touches sur le volant après une génération très tactile. Même Kia, avec la barre commutable de l'EV3, cherche un compromis entre boutons et écran.

Concrètement, un acheteur belge de 2026 n'a plus à choisir entre une voiture moderne et une voiture utilisable en roulant. Les deux logiques convergent : écran central pour la navigation et les médias, boutons physiques pour les gestes fréquents. C'est la direction que la règle Euro NCAP va imposer à tout le monde d'ici trois ans.

Faut-il fuir le tout-tactile à l'achat d'une VE ?

Pas forcément. Le tout-tactile dérange surtout si vous changez souvent de réglage en roulant, ou si l'idée de chercher une icône vous agace. Pour un conducteur urbain qui programme la clim et la radio à l'arrêt, l'écran seul passe très bien. Le vrai critère, c'est votre façon de conduire, pas la mode du moment.

Quelques garde-fous existent même sur les modèles très tactiles. La commande vocale gère de plus en plus la température et la navigation. Les raccourcis sur le volant permettent de régler le volume et le régulateur sans toucher l'écran. Mais ces parades restent secondaires : elles dépannent, elles ne remplacent pas un bouton qu'on trouve les yeux fermés.

Mon père a 71 ans. Je lui ai prêté ma voiture d'essai tout-tactile un week-end. Il a passé deux minutes à chercher le dégivrage arrière, à l'arrêt, lunettes sur le nez. Dans sa vieille Golf, c'était un bouton, sans réfléchir. C'est ça, le vrai sujet du tout-tactile : pas la modernité, l'usage réel.

christophe-f

Pour départager deux modèles sur ce critère comme sur le reste, le plus simple reste de les mettre côte à côte. Notre comparateur de voitures électriques aide à croiser ergonomie, autonomie réelle et prix belges avant de signer.

Quelle voiture à boutons choisir selon votre profil ?

Petit budget et simplicité maximale : Dacia Spring. Navetteur qui veut du confort sans tout-tactile : Hyundai Kona ou Renault 5. Famille : Kia EV3 pour le quotidien, EV9 si la place prime. Gros rouleur autoroutier : BMW i4, dont la molette iDrive reste la meilleure parade à l'écran. Chaque profil a son bon élève.

La Hyundai Kona Electric (autour de 35 000 € en Belgique) est sans doute le meilleur compromis général : rangée de clim physique, commodos classiques, écran présent mais jamais imposé. La Renault 5 E-Tech (à partir d'environ 25 000 €) joue la carte du plaisir avec son satellite de volume au volant, hérité des Renault d'avant. Pour la famille, la Kia EV3 garde l'essentiel sous la main tout en offrant un grand coffre.

Et si je veux le strict minimum d'écran ?

La Dacia Spring, autour de 16 900 €. C'est la voiture électrique la plus dépouillée du marché belge : petit écran, boutons et molettes pour presque tout, aucun gadget à apprivoiser. La contrepartie est claire : autonomie réelle de 200 à 225 km et finition basique. Pour un second véhicule urbain, c'est souvent suffisant.

Et pour conduire avec des gants en hiver ?

Les boutons physiques gagnent nettement. Un écran capacitif ne réagit pas à un gant épais, alors qu'un bouton, une molette ou un commodo, oui. Euro NCAP a d'ailleurs intégré ce point : les commandes essentielles doivent rester utilisables avec des gants. Pour un Ardennais qui démarre par temps de gel, la Spring, la Kona ou la BMW i4 sont plus sereines qu'une dalle tactile glacée.

Faut-il vraiment rayer Tesla de la liste ?

Non, à condition d'accepter sa logique. La Model 3 reste excellente sur l'autonomie et l'accès au réseau Supercharger, le meilleur en Belgique. Mais le restylage Highland a supprimé le commodo de clignotant au profit de boutons sur le volant, ce qui déroute dans un rond-point belge où l'on tourne le volant et la flèche en même temps. Si le tout-tactile est rédhibitoire pour vous, regardez ailleurs. Sinon, on s'y habitue en une semaine.

Le verdict de christophe-f

Si chercher un réglage à l'écran en roulant vous agace, quatre modèles font le travail en Belgique aujourd'hui : Dacia Spring pour le budget, Hyundai Kona et Renault 5 pour le quotidien, Kia EV3 pour la famille. La règle Euro NCAP 2026 va pousser tout le monde dans cette direction. Pas besoin d'attendre : les bons élèves sont déjà au catalogue. Avant de signer, asseyez-vous dans la voiture et essayez de régler la clim sans regarder. La réponse est là.

Questions fréquentes