Deux fois par an, mes parents descendent dans le Sud. Ils n'ont ni envie de brancher un téléphone, ni de comparer des applications sur une aire d'autoroute. Ils veulent taper « Avignon » et que la voiture s'occupe du reste. Toutes les électriques vendues en Belgique n'en sont pas capables, et certaines n'essaient même pas.
Quelle voiture électrique planifie le mieux ses arrêts de recharge ?
Tesla garde la meilleure planification embarquée du marché, suivie de près par Renault et son Google Maps intégré. Kia, Hyundai et Volkswagen suivent avec des systèmes corrects. En bas de tableau, la MG4 se contente d'un calcul basique et la BYD Dolphin n'a tout simplement pas de planificateur.
Un planificateur de recharge intégré désigne le système de navigation de la voiture qui calcule lui-même où s'arrêter, combien de temps brancher et avec quel niveau de batterie repartir. Il travaille avec des données que le téléphone n'a pas : la charge réelle de la batterie, la consommation instantanée, la température des cellules, le dénivelé à venir.
Attention à ne pas confondre trois choses. Le planificateur intégré vit dans la voiture. Les applications comme A Better Route Planner ou Chargemap vivent sur le téléphone et remontent par CarPlay ou Android Auto. Les planificateurs web, comme celui de Touring ou notre planificateur de trajet, servent avant le départ, depuis la cuisine. Cet article traite du premier.
| Modèle | Planificateur natif | Préconditionnement | Bornes temps réel | Verdict |
|---|---|---|---|---|
| Tesla Model Y | Complet | Automatique | Oui | Référence |
| Renault Scénic E-Tech | Google Maps intégré | Automatique | Oui | Très bon |
| Kia EV3 | EV Route Planner | Automatique | Oui | Bon |
| Hyundai Ioniq 5 | Intégré ccNC | Automatique | Oui | Bon |
| Volkswagen ID.7 | e-Route Planner | Automatique | Oui | Perfectible |
| MG4 | Basique | Non | Partiel | Faible |
| BYD Dolphin | Aucun | Non | Non | À éviter en voyage |
Le classement se lit dans ce sens : les cinq premières voitures vous laissent partir sans rien préparer, les deux dernières exigent un téléphone et un peu de méthode.
Que se passe-t-il si la borne prévue est occupée à l'arrivée ?
Les cinq systèmes du haut du tableau reçoivent l'occupation des bornes en temps réel et proposent un autre arrêt en roulant, avant que vous ne sortiez de l'autoroute. Le planificateur belge de Touring pousse le raisonnement plus loin : il estime la disponibilité à votre heure d'arrivée à partir de l'historique de fréquentation de la borne, et pas seulement de son état à l'instant du calcul. C'est la différence entre « il y a une place maintenant » et « il y aura probablement une place dans 40 minutes ».
Pourquoi un planificateur intégré vaut-il mieux qu'une application sur téléphone ?
Parce qu'il connaît l'état de la batterie et peut agir dessus. Une application sur téléphone estime votre consommation à partir d'un modèle. La voiture, elle, la mesure, et surtout elle peut chauffer la batterie avant l'arrêt. Aucune application ne fait ça depuis un iPhone posé sur le support.
L'écart se voit surtout en hiver. Arriver à une borne 150 kW avec une batterie à 5 °C, c'est accepter de charger à 40 ou 60 kW pendant vingt minutes avant que la puissance ne monte. Arriver avec la même batterie à 30 °C, c'est prendre la puissance maximale tout de suite. Sur un trajet à deux arrêts, la différence se compte en trois quarts d'heure.
Il y a une contrepartie honnête à poser. Le planificateur Tesla envoie systématiquement vers le réseau Supercharger, même quand un Fastned à 400 kW se trouve à la sortie suivante et facture moins cher. C'est un choix commercial déguisé en confort. Renault n'a pas ce biais : Google Maps propose les bornes disponibles, tous réseaux confondus, avec possibilité de filtrer sur la charge rapide uniquement.
Quelles électriques vendues en Belgique n'ont pas de planificateur digne de ce nom ?
Les deux compactes chinoises les plus vendues. La BYD Dolphin n'a aucun planificateur de recharge dans sa navigation. La MG4 en a un, mais rudimentaire, sans préconditionnement piloté par la destination.
Le cas de la Dolphin est documenté. Quand Automobile Propre a mené son Supertest sur 500 km d'autoroute, l'équipe a découpé le trajet en deux arrêts choisis à la main, précisément parce que la voiture ne propose pas de calcul embarqué. La Dolphin fait le trajet, elle le fait même bien, mais c'est le conducteur qui fait le travail du logiciel.
Est-ce rédhibitoire ? Pour un acheteur belge, honnêtement, non. Une Dolphin autour de 30 000 € qui recharge chez elle toutes les nuits ne verra une borne rapide que deux ou trois fois par an. Payer 15 000 € de plus pour un meilleur GPS de vacances est un calcul que je ne défends pas. Mais il faut le savoir avant de signer, pas le découvrir sur l'A31 à hauteur de Metz.
Le planificateur chauffe-t-il la batterie avant la borne ?
Chez Tesla, Renault, Kia, Hyundai et Volkswagen, oui, automatiquement. Dès qu'une borne rapide devient la destination, la voiture monte la batterie en température pendant le trajet. Sur MG4 et BYD Dolphin, ce lien n'existe pas : la navigation ne parle pas au système thermique.
Renault décrit précisément le mécanisme sur la Scénic E-Tech et la R5 E-Tech : le système travaille avec Google Maps pour amener la batterie à sa température idéale avant l'arrivée. Kia documente la même logique dans son EV Route Planner, présenté sur le site belge de la marque, et Hyundai publie une page équivalente sur Hyundai Belgique.
Un détail que les fiches techniques passent sous silence : ce préchauffage consomme. Compter 2 à 4 kWh sur les 30 dernières minutes avant l'arrêt, soit une quinzaine de kilomètres d'autonomie sacrifiés pour gagner vingt minutes au chargeur. Le calcul est gagnant sur un long trajet, perdant si vous vous arrêtez juste pour un café.
Comportement des planificateurs sur un Bruxelles–Avignon
Sur les 900 km qui séparent Bruxelles d'Avignon par l'E411 puis l'A31, une électrique de 500 km WLTP demande deux arrêts, parfois trois en hiver. C'est le seul trajet où la qualité du planificateur se paie vraiment, en minutes et en énergie nerveuse.
Une Tesla Model Y Grande Autonomie, autour de 47 000 € en Belgique, y est imbattable en simplicité : destination réglée, deux Superchargeurs annoncés, temps de charge estimé à la minute, aucun compte à créer en route. Une Scénic E-Tech 87 kWh, dès 44 000 €, fait aussi bien en s'appuyant sur Ionity et Fastned, à condition d'avoir une carte de recharge dans la poche.
Le Volkswagen ID.7 est le cas frustrant du lot. Son e-Route Planner, arrivé avec ID.Software 3.0, tient compte du dénivelé, ce que peu de systèmes font. Mais il n'accepte aucun filtre, et il lui arrive de proposer une borne située à quelques kilomètres de l'autoroute ou trop peu puissante pour une charge rapide, un reproche récurrent chez les propriétaires et relevé par la presse spécialisée lors du test du système. Sur une berline à plus de 50 000 €, c'est un point qui agace.
Mon test vaut pour un départ bruxellois vers le sud de la France, en juin, à deux personnes, coffre plein. Sur un trajet strictement belge, le débat n'existe pas : le pays fait 300 km de bout en bout, et aucun trajet intérieur ne demande d'arrêt avec une batterie chargée le matin.
« Un planificateur intégré ne sert que deux ou trois fois par an à un conducteur belge. C'est un critère de vacances, pas un critère de quotidien. Le juger comme s'il déterminait votre voiture est une erreur de perspective. »
Faut-il garder ABRP ou Chargemap malgré un planificateur intégré ?
Pour rouler en Belgique, non. Pour un long trajet à l'étranger, oui, en second avis. Aucun planificateur embarqué ne permet aujourd'hui de filtrer aussi finement qu'A Better Route Planner, qui intègre la météo, le profil de la route et un modèle de consommation par version.
Chargemap donne accès à plus de 750 000 points de recharge en Europe et affiche les disponibilités. Touring propose une prédiction de disponibilité fondée sur l'historique des bornes. Ces outils restent complémentaires, mais ils ne remplacent plus le système de la voiture, comme c'était le cas il y a cinq ans.
Et si je roule uniquement en Belgique ?
Le sujet ne se pose pas. Avec une batterie chargée à la maison, Bruxelles–Arlon, Bruxelles–Ostende ou Anvers–Namur passent sans arrêt, hiver compris, sur toute électrique de 350 km réels. Le planificateur restera un gadget onze mois sur douze. Regardez plutôt le coffre, le confort et le prix, et consultez notre comparateur de modèles sur des critères qui servent tous les jours.
Et si j'achète une électrique d'occasion de 2021 ?
Là, la question devient sérieuse. Les planificateurs embarqués d'avant 2022, hors Tesla, étaient au mieux approximatifs : pas de temps réel, pas de préconditionnement, bases de bornes périmées. Sur une occasion de cette génération, prévoyez d'utiliser une application, et vérifiez que la voiture accepte au moins Android Auto ou CarPlay.
Et pour un conducteur qui déteste les écrans ?
C'est le vrai argument en faveur d'un bon planificateur intégré. Un conducteur de 70 ans qui règle sa destination une fois et ne touche plus à rien tire un bénéfice concret d'une Tesla ou d'une Renault à Google intégré. Pour ce profil, l'écart avec une MG4 se mesure en tranquillité, pas en minutes.
Questions fréquentes
Quelle voiture électrique a le meilleur planificateur de recharge intégré ?
Tesla garde une longueur d'avance : le planificateur calcule les arrêts, le temps de charge et préchauffe la batterie sans intervention. Renault suit de près avec Google Maps intégré sur la Scénic E-Tech et la R5 E-Tech, avec un avantage : il ne se limite pas à un seul réseau de bornes.
La BYD Dolphin a-t-elle un planificateur d'itinéraire avec arrêts de recharge ?
Non. La navigation de la BYD Dolphin ne propose pas de planificateur de recharge. Lors de son Supertest sur 500 km d'autoroute, Automobile Propre a dû choisir lui-même ses deux arrêts, faute de calcul embarqué. Il faut passer par Chargemap ou A Better Route Planner sur téléphone.
Le planificateur intégré préconditionne-t-il la batterie automatiquement ?
Chez Tesla, Renault, Kia, Hyundai et Volkswagen, oui : dès qu'une borne rapide est réglée comme destination, la voiture chauffe la batterie en roulant pour arriver à la bonne température. Sur une MG4 ou une BYD Dolphin, le préchauffage n'est pas déclenché par la navigation, et une charge par 2 °C peut plafonner à la moitié de la puissance annoncée.
Faut-il encore ABRP ou Chargemap si la voiture a un planificateur intégré ?
Pour un usage belge, non. Le pays fait 300 km de bout en bout et aucun trajet intérieur ne demande d'arrêt. Ces applications redeviennent utiles pour un long trajet à l'étranger, pour filtrer par réseau ou par tarif, ou pour comparer le calcul de la voiture avant de partir.
Que se passe-t-il si la borne prévue est occupée à l'arrivée ?
Un planificateur relié aux données temps réel (Tesla, Renault, Kia, Hyundai, Volkswagen) voit l'occupation avant l'arrivée et propose un autre arrêt en roulant. Le planificateur belge de Touring va plus loin : il estime la disponibilité à l'heure d'arrivée à partir de l'historique de la borne, pas seulement de son état actuel.
Le planificateur Volkswagen est-il fiable sur un long trajet ?
L'e-Route Planner arrivé avec ID.Software 3.0 calcule les arrêts et tient compte du dénivelé, mais il n'accepte aucun filtre. Il envoie parfois vers des bornes situées hors autoroute ou trop peu puissantes pour une charge rapide. Sur un Bruxelles–Lyon, mieux vaut vérifier ses propositions avant de partir.
Un planificateur intégré est-il un vrai critère d'achat en Belgique ?
Pour un conducteur qui recharge chez lui et roule en Belgique, non : il ne servira que deux ou trois fois par an. Il devient décisif si vous descendez régulièrement en France ou en Allemagne et que vous ne voulez pas gérer une application sur votre téléphone à chaque étape.
Le verdict de Christophe F.
Si vous partez deux fois par an vers la France et que vous voulez taper une destination sans jamais toucher à votre téléphone, prenez une Tesla ou une Renault à Google intégré : ce sont les deux seules qui tiennent la promesse de bout en bout, préchauffage compris. Kia et Hyundai s'en approchent, Volkswagen y arrive à condition de relire ses propositions. La MG4 et la BYD Dolphin demandent un téléphone et un peu de méthode, ce qui reste acceptable pour 15 000 € d'écart. Le réflexe avant de signer : réglez une destination à 700 km en concession et regardez ce que la voiture propose. Une navigation qui ne sait pas répondre à cette question ne le saura pas mieux le jour du départ.


